
A quelques semaines de la livraison des bâtiments, Thierry Deloye prend encore plus la mesure «du travail réalisé durant ces six années qui nous séparent de la première réunion fondatrice du 7 novembre 2005.» Il ajoute « relisant le chemin parcouru avec tous les membres et porteurs du projet de L’Arche en pays toulousain, je réalise que les écueils, les avatars, les reports, les angoisses, il y en a eu, et il y en aura encore, les avatars, et tous les risques pris, consciemment ou pas, et finalement surmontés participent au bonheur qui nous habite. » Nombreux sont ceux qui ont appris de nouveaux métiers, tous se sont surpris dans leur capacité à surmonter ou contourner les obstacles. Pour tous les membres du conseil d’administration, et plus encore pour ceux du comité de pilotage, quel que soit leur rôle, la mobilisation était de chaque instant. Tous différents, mais, comme l’exprime Alain, trésorier, « tous tournés vers le même objectif, unis par une même responsabilité vis-à-vis de celles et ceux que nous allons accueillir et de leur famille ».
«On ne parle plus seulement de bâtiments, de chantier, on parle des personnes, les personnes handicapées accueillies, les salariés, les volontaires...», voilà ce qui est le plus important pour Erik Pillet, futur directeur de la communauté.
Plus de 110 dossiers de personnes handicapées ont été reçus, confirmation, si besoin en était, que la fondation d'une communauté de L'Arche répond à un vrai besoin. Depuis début juillet, la commission d'admission a rencontré plus de 70 personnes avec leur famille ou leur référent. Une petite quarantaine de personnes ont été retenues. Toutes les personnes rencontrées seront informées d'ici la fin du mois. Erik évoque des rencontres émouvantes, notamment avec ces «mères courage», qui s'occupent seules de leur enfant, portées par le désir de leur apporter la vie la plus belle possible. La priorité a été donnée aux personnes sans solution, dans des situations (notamment matérielles) trés délicates. «C'est une grande joie de s'imaginer ce que nous allons apporter à des personnes dont beaucoup ont en situation difficile et de pressentir tout ce que ces personnes vont pouvoir donner.» La moyenne d'âge est jeune (28 ans) en raison de l'ESAT.
Une grande partie de l'équipe de 23 salariés a été recrutée. Parmi elles, un noyau connait très bien L'Arche, ce qui représente un appui certain pour bien préparer l'ouverture, et l'accueil de toutes les personnes en l'espace de 15 jours. Ces personnes déjà engagées à L'Arche accompagneront les autres salariés et les volontaires dans les premiers moments de la vie communautaire. Tous ensemble, avec les personnes accueillies, ils fonderont la communauté.
Côté chantier, les bâtiments des deux foyers, l’atelier, le bâtiment administratif et le réfectoire devraient être livrés d’ici début décembre. Les achats d’équipements (des tracteurs….aux draps, aux ustensiles de cuisine….) ont débuté, rendant encore plus concret la vie à venir. Les travaux d’aménagement de l’accès à la partie maraichage, en bordure de la promenade le long de la Garonne sont terminés, l’installation des serres a débuté.
La recherche de sous-traitants pour l’Etablissement et service d'aide par le travail (ESAT, ex-CAT) parmi les entreprises de la région s’intensifie.
Dans un premier temps, l'activité «restauration» au lieu dans le réfectoire de la communauté. Les personnes handicapées en charge de la préparation des 70 repas seront ainsi intégrées à la vie communautaire naissante.
«L'ouverture de notre communauté sera bien l'aboutissement d'une étape qui aura vu s'installer L'Arche en pays toulousain dans la région. Ce sera un accomplissement débouchant sur une nouvelle aventure humaine qui sera, c'est mon espérance, pleine de vie et porteuse de sens pour beaucoup». Erik Pillet
En photo : les deux foyers vu du verger et la grande salle de réunion
L'Arche en pays toulousain
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